Particules passives

Le 1er décembre 2010, l’interdiction de fumer dans les lieux publics entrait en vigueur. On reconnaissait la nécessité de protéger le plus grand nombre face aux effets nocifs d’une habitude d’une partie de la population. Habitude fort dommageable à la santé pulmonaire et financière de la communauté.

Le trafic routier au cœur des centres urbains est une autre de ces habitudes qui constitue un fléau pour la santé publique et coûte cher à la collectivité. Pire : contrairement au tabac – où le consommateur est le premier à s’exposer – l’automobiliste lui, expulse bruyamment les sous-produits de sa combustion au nez des piétons et cyclistes, tout en demeurant dans son habitacle insonorisé et à l’air senteur pin soigneusement filtré.

Autre similitude avec le tabac : à la résistance reptilienne de l’humain au changement, s’ajoute le combat acharné d’un groupe de lobbies pouvant compter avec le soutien indéfectible de certains milieux politiques, qui sous la bannière usurpée de la défense de nos libertés, craignent surtout la remise en question d’un modèle de consommation fort lucratif pour eux.

Donc, Mesdames, Messieurs, c’est l’heure ! Tout comme les fumeurs furent en leur temps priés d’aller griller leur sèche dehors, les automobilistes – notamment les adeptes de la sur-motorisation inutile – sont priés, à défaut de parvenir à se libérer de leur addiction fossile, d’aller griller leur carburant hors de nos villes. Que n’entrent désormais dans celles-ci que les véhicules propres ! Ayons maintenant le même courage d’agir que naguère, en 2010, pour que les poumons des jeunes citadins n’aient pas le même aspect que ceux des vieux fumeurs.

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