Le miracle de la transition électrique

Pour survivre au paradoxe qui consiste à promouvoir des voitures en pleine période de réveil des consciences sur le climat, les constructeurs présents au Salon de l’Auto de Genève ont simplement et rapidement plongé leurs mains sous les capots, pour y substituer d’un geste les vieux blocs moteurs graisseux d’antan par des motorisations électriques toutes propres. Un coup de polish, et voilà ! Qui eût cru que la transition vers la mobilité électrique serait si facile ?

Cet astucieux tour de passe-passe permet donc d’échapper aux reproches des écologistes liberticides, sans pour autant compromettre les prochaines livraisons de véhicules à châssis surélevé et traction intégrale, dont les suisses ont tant besoin pour se sortir des ornières de leurs routes défoncées et boueuses, telles qu’on en trouve notamment entre Lausanne et Genève.

C’est ainsi que le « Véhicule de l’année 2019 », un magnifique SUV 4×4 électrique, affiche fièrement ses 2200 kg et sa consommation d’énergie de 40% supérieure à une électrique urbaine de type Zoé. A croire que pour nous proposer de tels engins, les constructeurs automobiles ont, en secret, trouvé la solution à la fusion thermonucléaire ou un autre graal énergétique qui fera pleuvoir les kilowattheures.

Dans le cas contraire, le SUV électrique est à son cousin thermique ce que la vaporette est à la cigarette : la substitution d’une nuisance par une autre, permettant de fidéliser un consommateur tout en le déchargeant du fardeau de la culpabilité. Si la conscience se porte mieux, le cancer de la mobilité individuelle surdimensionnée continue, lui, de se propager.

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