Canicule et pollution de l’air

Un adulte moyen voit transiter quotidiennement dans ses poumons près de 15’000 litres d’air. Si vous vivez en zone urbaine, sur l’Arc lémanique par exemple, vous avez donc inhalé un mélange chargé de polluants atmosphériques (ozone et dioxyde d’azote notamment) à hauteur de plusieurs dizaines de milliers de litres au total durant la période de canicule de cette fin juin 2019.

Carte Qualité de l’air du vendredi 28 juin 2019: pollution marquée à l’ozone sur la Suisse occidentale et le Tessin. (MétéoSuisse)

Accepteriez-vous seulement de boire quelques millilitres d’une substance toxique ? Certainement pas. Alors pourquoi tolérer que l’air, première ressource vitale à nos cellules et baignant l’un des organes les plus fragiles de notre corps soit ainsi souillé ? Invisible, inodore et diluée, cette contamination essentiellement due au trafic automobile se dissimule à nos sens mais laisse une empreinte dans la mémoire de nos organismes. Pour les plus fragiles, elle peut mener tout droit à l’hôpital.

Carton rouge aux autorités qui ignorent apparemment qu’en matière de santé, prévenir vaut mieux que guérir. L’approche d’une canicule annonce toujours des pics de pollution, mais les mesures – systématiquement inefficaces par leur faiblesse – n’interviennent éventuellement qu’après que les cartes de l’OFEV ont déjà rougi sous l’effet des émissions d’un trafic motorisé omniprésent et surdimensionné que les politiques actuelles échouent totalement à réguler.

Préoccupations majeures des suisses, la hausse des coûts de la santé et les questions environnementales sont liées : la pollution de l’air engendre 20’000 journées d’hospitalisation par an dans ce pays, et ce chiffre risque d’exploser à l’avenir si l’on additionne le vieillissement de la population à la répétition des événements météorologiques extrêmes.

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